Que signifient les marques laissées par les pompiers sur les bâtiments après un tremblement de terre ? La méthodologie INSARAG qui coordonne les secours internationaux

Que signifient les marques laissées par les pompiers sur les bâtiments après un tremblement de terre ? La méthodologie INSARAG qui coordonne les secours internationaux

Quand une simple marque peut faire la différence entre la vie et la mort

Après un violent tremblement de terre, les images montrent souvent des bâtiments effondrés, des rues jonchées de décombres et des équipes de secours travaillant sans relâche.

Cependant, un détail passe souvent inaperçu pour la plupart des gens : les marques peintes sur les façades.

Lettres, chiffres, carrés, flèches ou symboles réalisés à la bombe qui, loin d'être de simples annotations, constituent un véritable langage international utilisé par les équipes spécialisées de recherche et de sauvetage urbain.

Chacune de ces marques contient des informations essentielles pour coordonner le travail de centaines de sauveteurs venus de différents pays. Grâce à elles, les équipes peuvent savoir quels bâtiments ont déjà été inspectés, quels sont les risques ou si des victimes ont été localisées.

Derrière ce système se trouve INSARAG (International Search and Rescue Advisory Group), le réseau international promu par les Nations Unies qui établit une méthodologie commune pour toutes les équipes USAR (Urban Search and Rescue).

Et bien que peu de gens connaissent son existence, ce langage peut aider à sauver de nombreuses vies.

Qu'est-ce que l'INSARAG ?

L'INSARAG (International Search and Rescue Advisory Group) est un réseau international impulsé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Son objectif principal est que toutes les équipes internationales de recherche et de sauvetage travaillent en utilisant les mêmes procédures, quel que soit leur pays d'origine.

Grâce à cette méthodologie, une équipe espagnole peut poursuivre le travail entamé par une équipe japonaise, mexicaine ou française sans avoir à réinspecter un bâtiment à partir de zéro.

La coordination internationale est l'un des piliers fondamentaux du sauvetage urbain moderne.

 

Qu'est-ce qu'une équipe USAR ?

Avant de parler du système de marquage, il convient de connaître la signification de USAR.

Les sigles USAR correspondent à Urban Search and Rescue, c'est-à-dire des équipes spécialisées en recherche et sauvetage urbain.

Il s'agit d'unités hautement entraînées pour intervenir lors de :

  • Tremblements de terre.

  • Explosions.

  • Effondrements d'immeubles.

  • Affaissements structurels.

  • Catastrophes majeures.

Ces équipes sont composées de différents spécialistes :

  • Pompiers.

  • Sauveteurs.

  • Conducteurs cynophiles.

  • Vétérinaires.

  • Ingénieurs structurels.

  • Médecins et personnels sanitaires.

  • Spécialistes en logistique et communications.

Tous travaillent en suivant la méthodologie INSARAG.

 

Pourquoi est-il nécessaire de marquer les bâtiments ?

Imaginez une ville où des milliers de bâtiments se sont effondrés.

Des dizaines d'équipes internationales travaillent simultanément.

Sans un système commun, une multitude de problèmes surgiraient :

  • Deux équipes pourraient inspecter le même bâtiment.

  • Personne ne saurait quelles zones sont encore à traiter.

  • Des informations sur d'éventuelles victimes seraient perdues.

  • Des accidents pourraient survenir en entrant dans des bâtiments déjà jugés dangereux.

C'est pourquoi l'INSARAG a développé un langage visuel commun qui permet de partager des informations de manière rapide et simple.

Chaque marque évite des erreurs et économise un temps qui, en cas d'urgence, peut être décisif.

 

Quand le marquage d'un bâtiment est-il effectué ?

Le marquage commence dès qu'une équipe entreprend l'évaluation d'une structure.

Au fur et à mesure de l'avancement des opérations, les informations sont mises à jour pour refléter :

  • L'état de la recherche.

  • Les risques structurels.

  • La localisation des victimes.

  • La situation du bâtiment.

L'objectif n'est pas seulement d'informer les autres équipes, mais de maintenir un enregistrement clair de tout le travail effectué.

 

Les principaux marquages utilisés dans la méthodologie INSARAG

1. Marquage de triage du site de travail (Worksite Triage Marking)

C'est le premier marquage qu'une structure reçoit.

Son but est d'identifier le bâtiment et d'enregistrer les informations initiales avant de commencer la recherche.

Quelles informations contient-il généralement ?

  • Équipe effectuant l'évaluation.

  • Date et heure.

  • Identification du bâtiment.

  • Risques observés.

  • Priorité d'intervention.

Ce marquage permet à toute autre équipe de savoir immédiatement que la structure a déjà été évaluée.

2. Marquage de déblaiement rapide (Rapid Clearance Marking - RCM)

Lorsqu'une recherche rapide est effectuée, le bâtiment reçoit un marquage de déblaiement rapide.

Sa fonction est de communiquer immédiatement le résultat de cette inspection initiale.

Ce marquage peut indiquer :

  • Bâtiment vérifié.

  • Aucune victime n'a été localisée lors de la recherche rapide.

  • Une recherche technique plus approfondie est nécessaire.

  • Le bâtiment présente des risques nécessitant des mesures supplémentaires.

Grâce à ce système, on évite que d'autres équipes répètent le même travail.

3. Marquage des victimes (Victim Marking)

Lorsqu'une victime est localisée lors d'une opération de recherche, les équipes utilisent un marquage spécifique.

Ce système ne vise pas à identifier la personne, mais à fournir des informations opérationnelles.

Entre autres aspects, il peut indiquer :

  • Nombre de victimes localisées.

  • Localisation approximative.

  • Date et heure.

  • Équipe ayant effectué la localisation.

  • Situation de l'intervention.

Cette procédure permet à toute relève de continuer le travail sans perdre d'informations.

4. Évaluation structurelle

Tous les bâtiments ne peuvent pas être inspectés en toute sécurité.

Avant d'y accéder, des spécialistes effectuent une évaluation structurelle.

Généralement, les structures peuvent être classées comme suit :

Bâtiment accessible

La structure permet de travailler avec un niveau de risque acceptable.

Accès restreint

Seules certaines zones peuvent être explorées et toujours sous strictes mesures de sécurité.

Bâtiment non accessible

Il existe un risque élevé d'effondrement et l'entrée est interdite jusqu'à ce que d'autres mesures soient prises.

La sécurité des sauveteurs est toujours la priorité.

 

5. Marquages auxiliaires

En plus du bâtiment, les équipes peuvent signaler :

  • Secteurs de recherche.

  • Points d'accès.

  • Routes sûres.

  • Zones dangereuses.

  • Lieux de rassemblement.

  • Zones attribuées à d'autres équipes.

Ces marquages permettent de coordonner des opérations auxquelles peuvent participer des centaines de professionnels de différents pays.

 

Qui peut effectuer ces marquages ?

L'une des erreurs les plus courantes est de penser que n'importe quel pompier peut peindre ces symboles.

En réalité, ils font partie d'une méthodologie internationale et doivent être utilisés par des équipes spécifiquement formées aux procédures USAR.

Chaque symbole a une signification précise et une utilisation déterminée.

Les interpréter de manière incorrecte pourrait provoquer des accidents ou retarder les opérations de sauvetage.

 

Bien plus que de la peinture sur un mur

Lorsque nous voyons des images d'un tremblement de terre, nous nous concentrons généralement sur les machines, les chiens de sauvetage ou les équipes travaillant dans les décombres.

Mais peu de gens savent que de simples marques peintes sur une façade contiennent des informations capables de sauver des vies.

Derrière chaque symbole se cache une évaluation structurelle, une recherche technique, une décision opérationnelle et des heures de travail coordonné.

C'est un langage silencieux qui permet aux sauveteurs du monde entier de travailler comme une seule équipe.

Et précisément cette coordination est l'un des grands piliers du succès des opérations internationales de recherche et de sauvetage.

 

Curiosités sur le système de marquage INSARAG

Utilise-t-on toujours de la peinture orange ?

Il est habituel d'utiliser des bombes de couleurs très visibles, comme l'orange ou le rouge, bien que la couleur puisse varier selon le pays ou les ressources disponibles. L'important est que le marquage soit clairement identifiable.

Ces marques sont-elles effacées ?

Oui. Une fois terminées

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